La modélisation directe pour mieux capturer l’intention de conception

PTC Creo Layout

S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de ces cinq dernières années, c’est que le débat offre de nouvelles perspectives. C’est ce que j’ai pu constater en sortant d’un webinaire auquel j’ai participé, intitulé « The Pros and Cons of 3D Modeling Paradigms: Direct Modeling and History-based Modeling ». Au cours de ce webinaire, Brian Thompson, de PTC, et Dan Staples, de Siemens PLM, ont discuté des approches de modélisation les plus adaptées aux phases d’étude conceptuelle et de conception détaillée. Le webinaire en lui-même était intéressant, mais c’est lors de la session de questions/réponses que le débat a réellement commencé. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à ce sujet.

Qu’est-ce que l’intention de conception ?
Dans ce secteur, la terminologie est difficile à cerner. Bien souvent, un même terme peut avoir plusieurs définitions. Et toute cette confusion peut engendrer de graves désaccords avec des collaborateurs.

Dans le cadre de cet article, je définirai l’intention de conception comme l’ensemble des règles et des contrôles dimensionnels que souhaitent mettre en œuvre un concepteur ou un ingénieur. Ces variables importantes ont un impact sur la forme, l’adaptabilité et la fonction d’une conception.

L’on en vient bien sûr à se demander combien de ces règles et de ces contrôles sont nécessaires pour créer la plupart des conceptions. Il semble que la plupart des ingénieurs n’en ont besoin que de quelques-uns de réellement importants. Bien entendu, leur nombre varie en fonction de la complexité de la conception et des composants qui sont fabriqués.

Capturer l’intention de conception grâce à la modélisation paramétrique
Un sujet plutôt facile à traiter, n’est-ce pas ?

Avec la modélisation paramétrique, les dimensions définissent presque tous les aspects d’un modèle 3D. Chaque esquisse doit être complètement contrainte. Qu’il soit lissé, extrudé, balayé ou de révolution, chaque solide ou coupe est minutieusement détaillé par des paramètres. Chaque arrondi, trou, chanfrein, ou tout autre paramètre doit être défini.

Bonne nouvelle pour les ingénieurs : vous pouvez être sûrs que l’aspect dimensionnel de vos intentions de conception est capturé sous une forme ou sous une autre. Soyons honnête : vous ne pourriez pas l’éviter, même si vous le vouliez. De plus, l’intégration de toutes ces dimensions facilitent la création de dessins.

C’est là que réside le problème. Les ingénieurs sont forcés de définir une intention de conception pour chaque aspect d’un modèle 3D. En quoi est-ce un problème ? Si vous mettez un modèle de côté pendant un mois ou deux, comment pouvez-vous retrouver les contrôles qui représentent votre intention de conception lorsque vous vous repenchez dessus ? C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Par ailleurs, nous savons tous que de tels modèles peuvent facilement échouer si nous leur apportons des modifications, même infimes.

Capturer l’intention de conception grâce à la modélisation directe
La modélisation directe ne permet pas l’utilisation de dimensions, si ?

C’est là que vous vous trompez. Il est vrai que la création de géométrie en modélisation directe n’implique pas forcément d’utiliser des contrôles paramétriques. Lorsque vous créez une géométrie 3D, vous pouvez utiliser des variables pour définir ses limites. Les contrôles utilisés dans le cadre d’une modélisation directe peuvent cependant être persistants. Vous pouvez dès lors les utiliser pour apporter des modifications à la géométrie même longtemps après sa création.

C’est l’une des principales différences avec la modélisation paramétrique. Il n’est pas nécessaire de définir une quantité phénoménale de dimensions. Les ingénieurs peuvent donc se limiter à créer les contrôles dimensionnels qui capturent réellement leur intention de conception. Et si, plusieurs mois plus tard, vous devez retravailler ces modèles, vous ne rencontrerez aucun problème car le nombre de contrôles à interpréter est beaucoup moins important. Et là où il n’y a pas de contrôles, vous pouvez utiliser des méthodes directes pour pousser, tirer et déplacer la géométrie.

Quels sont les inconvénients ? Tout d’abord, vous ne disposez pas de toutes les dimensions qui vous permettent d’automatiser la création de dessins. Par ailleurs, la modélisation directe ne peut pas rivaliser avec l’automatisation intelligente complexe et progressive qu’offre la modélisation paramétrique. Cette fonction n’est donc pas adaptée à la configuration ou l’automatisation des conceptions.

Résumé et questions

  • La modélisation paramétrique oblige l’utilisateur à définir les dimensions de chaque aspect d’un modèle 3D. Cela va au-delà des besoins de la plupart des ingénieurs en termes d’intention de conception. Dans les faits, les ingénieurs ont plus de mal à définir leurs intentions de conception, puis à la retrouver lorsqu’ils reviennent sur un modèle.
  • La modélisation directe ne nécessite pas l’utilisation de contrôles dimensionnels. Les utilisateurs peuvent toutefois désigner manuellement les paramètres qui doivent être persistants. Cela permet aux ingénieurs de capturer de manière sélective leur intention de conception dans les quelques dimensions qui les intéressent réellement.
  • Ne vous y trompez pas, la modélisation directe est peu adaptée à la configuration et à l’automatisation des conceptions. Elle l’est en revanche pour les paradigmes de la modélisation paramétrique.

Voilà, c’était l’un des sujets qui m’ont le plus inspiré suite au webinaire intitulé The Pros and Cons of 3D Modeling Paradigms: Direct Modeling and History-based Modeling. Suis-je dans le mille ? Ou bien complètement à l’ouest ? Vous pensez que la modélisation directe est plus efficace pour capturer l’intention de conception ? Exprimez-vous et donnez-moi votre point de vue. J’attends vos commentaires avec impatience.

En vous remerciant par avance pour le temps consacré à cette lecture et en espérant vous retrouver très bientôt. Merci de votre attention !

Remarque de l’éditeur : Pour plus d’informations sur la modélisation directe, découvrez comment PTC Creo Direct peut aider les entreprises à accélérer leurs cycles de conception en rendant les données CAO 3D accessibles à davantage d’utilisateurs. Vous pouvez également télécharger une version d’essai gratuite de PTC Creo Elements/Direct Modeling Express 4.0. Ce logiciel vous permet de créer et modifier les données de conception en temps réel par copier-coller, pousser-tirer, glisser-déplacer, et bien d’autres techniques.

PTC a autorisé sur son site l’hébergement de cet article de blog. Les concepts, les idées et les opinions exposés dans cet article appartiennent à Chad Jackson, analyste indépendant chez Lifecycle Insights.

Cet article a été publié dans Réinventer la conception, Technologie Creo avec les mots-clefs : , , , . Bookmarker le permalien. Les trackbacks sont fermés, mais vous pouvez laisser un commentaire.

Un commentaire

  1. Satish Ramavat
    Le mars 17, 2014 à 1:44 | Permalien

    I think direct modelling can also b used for design automation like parameteric modeling. Both have its pro-cons related to design automation.

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